La tradition luthérienne

Les Églises issues de la Réforme initiée par Martin Luther en Allemagne au 16e siècle confessent la foi en Jésus-Christ avec quatre grands principes :

Sola gratia, par la Grâce seule : l’homme ne peut pas mériter son salut auprès de Dieu, mais Dieu le lui offre gratuitement par amour. Ce qui rend l’homme capable d’aimer lui aussi. Ainsi, la valeur d’une personne ne dépend que de l’amour de Dieu, et non de ses qualités, de son mérite, de son statut social.

Sola Fide, par la Foi seule : ce don se fait à l’occasion d’une rencontre personnelle avec Dieu, en Jésus-Christ. C’est cela la foi, non une doctrine ou une œuvre humaine. D’une personne à l’autre, elle peut surgir brusquement ou être le fruit d’un long cheminement. Chacun la vit de manière particulière, comme sa réponse à la déclaration d’amour de Dieu.

Sola Scriptura, par l’Écriture seule : considérée comme porteuse de la parole de Dieu, la Bible est à la fois la seule autorité théologique et le seul guide, en dernière instance, pour la foi et la vie. Elle est éclairée par la prédication de ministres appelés par l’Église et formés par elle.

Soli Deo gloria, à Dieu seul la gloire : il n’y a que Dieu qui soit sacré, divin ou absolu. Ainsi, aucune entreprise humaine ne peut prétendre avoir un caractère absolu, intangible ou universel, y compris la théologie. De plus, partant du principe que Dieu a donné la liberté aux hommes, les protestants sont généralement favorables à un système social qui respecte la pluralité et les libertés.

L’Église doit se réformer sans cesse : les institutions ecclésiastiques sont des réalités humaines. Elles sont secondes « elles peuvent se tromper » disait Luther. Ainsi, les Églises doivent sans cesse porter un regard critique sur leur propre fonctionnement et leur propre foi, à partir de la Bible. Ceci est l’inverse des autres courants chrétiens et d’autres religions qui pensent que les croyants doivent être guidés de manière claire et impérative quant aux choix de vie, sans libre arbitre.

Le sacerdoce universel : principe que Luther considère comme central de la Réforme protestante, selon lequel chaque baptisé est « prophète, prêtre et roi » sous la seule seigneurie du Christ. Ce concept anéantit les principes de hiérarchie au sein de l’Église. Chaque baptisé a une place de valeur identique, y compris les pasteurs. Issus d’études de théologie et reconnus par l’Église, ils sont au service de la communauté pour l’annonce de la Parole de Dieu (prédication et sacrements) et les missions particulières qui en découlent. Les femmes ont accès aux ministères en fonction des pays et des époques.